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Éducation nationale

Delphine Loez - 11/07/2017
Temps de lecture : 4 min.

Comment j'ai réussi le concours du capes

A 28 ans, Vincent William vient de décrocher le CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré) et le CAPLP (concours d’accès au corps des professeurs de lycée professionnel) d’anglais. Retour sur une expérience réussie !

Etait-ce votre première tentative ?

Absolument pas. C’était la troisième. La première fois, je n’étais pas admissible. L’année suivante, j’ai échoué à l’oral mais la troisième était la bonne.

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Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours un peu sinueux : j’ai commencé par un master de commerce international. C’était une erreur d’orientation, je n’arrivais pas à envisager mon avenir professionnel, ce n’était pas ma voie. En revanche, j’ai toujours aimé les langues. Après ce master, j’ai été surveillant dans un lycée professionnel, pendant deux ans. Et j’ai décidé de devenir enseignant.

 

Comment avez-vous préparé le concours ?

- La première fois, j’étais donc surveillant et je l’ai préparé par le CNED. Mais je n’avais pas vraiment conscience de la difficulté de l’exercice. Je ne me suis pas astreint à un rythme de travail soutenu et j’ai échoué.

 

- La deuxième fois, j’étais toujours surveillant mais j’avais intégré le master MEEF. Ce master était idéal : il me permettait de retrouver mes habitudes de travail universitaire et de compléter mon savoir. J’avais des lacunes, notamment en littérature anglaise. J’ai réussi les écrits mais ai raté une des deux épreuves orales, la mise en situation professionnelle.

 

- Nouveau coup de fouet : il fallait que je renforce mon expérience professionnelle pour réussir. Je suis devenu professeur d’anglais contractuel, dans l’académie de Créteil. Et j’ai préparé le concours en parallèle, seul, en m’appuyant sur les bases solides que j’avais acquises.

 

Qu’est-ce qui a été le plus compliqué pour vous ?

Gérer la fatigue de la préparation du concours en plus de celle d’enseignant. Et les sacrifices concernant la vie personnelle, comme refuser les sorties…

 

Comment expliquez-vous votre réussite ?

J’avais un bon potentiel mais je manquais de méthode. Cette année, je me suis concentré sur la méthodologie, afin de gérer au mieux les cinq heures d’épreuves écrites. Et le fait d’avoir été contractuel a été déterminant.

 

Enseigner est-il un atout ?

C’est un atout majeur. Pour certains, les stages d’un mois, dans le cadre du master, peuvent suffire. Mais moi, j’avais besoin d’être complètement en autonomie, de me frotter au métier, aux élèves. Cela m’a donné de la crédibilité pour les oraux : je savais de quoi je parlais, j’étais à l’aise et convaincant. Cela m’a aussi montré les difficultés du métier. Et surtout, cela m’a conforté dans mon choix, dans ma vocation.

 

De quelles difficultés parlez-vous ?

Il faut vraiment choisir ce métier parce qu’on l’aime, car c’est un métier difficile. Pour moi, comme pour beaucoup, le plus compliqué reste la gestion de la classe. La première étape est d’oublier la  notion de classe idéale, celle où l’on entendrait les mouches voler. Il s’agit être capable de lâcher assez de lest pour que les élèves ne se sentent pas emprisonnés. Mais il faut aussi poser des règles de vie en classe et surtout de s’y tenir, afin de rester crédible. Il faut signaler les difficultés à la direction le plus tôt possible. Et même, si on se remet toujours en question, il est essentiel d’aller discuter avec les autres enseignants de la classe, afin d’avoir une vision plus globale du problème. Et de s’ôter un peu de la pression du débutant.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait préparer le capes ?

Si l’on n’a pas déjà un pied dans l’enseignement, il est souvent possible de franchir  la barrière des écrits mais pas de réussir les oraux. Alors, je lui conseillerais de passer par le master MEEF. Il prépare parfaitement aux épreuves. Ou sinon d’enseigner,  afin de gagner en crédibilité et d’être conforté dans ses choix. Il vaut mieux postuler auprès des académies qui sont en déficit d’enseignants, comme celles de Créteil ou de Versailles.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui prépare un capes de langue ?

Etudier parfaitement les rapports du jury, tout y est ! Notamment le vocabulaire propre à ce concours, qu’il faut maîtriser. A l’écrit, il faut aller plus loin que ce que disent les documents, réussir à mettre le sujet dans le contexte du pays et avoir une réflexion plus large, qui fera sortir votre copie du lot. Pour cela, il est indispensable de posséder une culture générale solide, d’avoir des connaissances fines de la politique, des genres littéraires et de l’histoire de la civilisation.

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